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  • 24-28 septembre 2018

    Reconnaissance du parcours du PBP 2019
  • 13 janvier 2018

    Lancement de la plaquette de présentation du PBP 2019

PARIS - BREST – PARIS 2003



Un ami a l'habitude de truffer ses propos du superlatif "ENORME". Ce que je vais vous conter mérite ce qualificatif : c'est ENORME.

PARIS-BREST-PARIS : Pour un cyclotouriste, ces 3 noms associés sont mythiques. Ils représentent un rêve, le nirvana, la lune…

Avec ses 1 225 kilomètres, PARIS-BREST-PARIS constitue une véritable légende et la plus importante des randonnées cyclotouristes au monde. De plus, la participation ne reste pas une fin en soi; l'objectif étant de réaliser le parcours en moins de 90 heures.

Mais ne fait pas P.B.P. qui veut.

Pour être autorisé à participer à cette randonnée extraordinaire, il faut présenter aux organisateurs un C.V. fourni. Jugez en plutôt : Brevets de 200 km, de 300 km, de 400 km et de 600 km... et pas en plusieurs jours, non, en une seule traite pour chaque brevet. Comme me disait Bruno, après le 300 km, on adopte un rythme de croisière.

D'ailleurs, le calendrier 2003 de la Fédération Française de Cyclotourisme est en parti programmé pour la préparation physique en vue de réaliser P.B.P. Le brevet de 200 km est planifié au milieu du mois de mars. Pour le commun des cyclos, à cette époque de l'année, les distances parcourues avoisinent les 60 km, tout au plus 75 km. Donc, dès le début de la saison, pour ceux qui veulent réaliser leur rêve, il faut mettre le grand braquet !! Ensuite, les brevets s'échelonnent à raison d'un par mois. Enfin, entre la mi-juin et la mi-août, libre à chacun de se mijoter un programme personnel pour être à point (ni trop saignant, ni trop cuit), pour le jour J.

Ainsi, Jean-Pierre a parcouru la Bretagne dans tous les sens, Bruno a traversé les Pyrénées, Bernard a sillonné les Gorges du Verdon.

Vendredi 15 août : le compte à rebours a commencé. Derniers réglages du vélo ; vérification de l'éclairage, installation des sacoches. Dilemme sur les tenues vestimentaires à emporter. Prévoir le cas de grosses chaleurs, le cas de pluie, le cas de froidure particulièrement la nuit. Oui, mais sans se surcharger. S'équiper au plus juste, mini brosse à dents, mini tube de dentifrice. Ajuster le baudrier fluo pour qu'il ne flotte pas au vent. La pensée est entièrement accaparée aux derniers préparatifs. Ne rien oublier, ça devient obsédant. Les nuits sont de plus en plus agitées. Vivement le départ !

Dimanche 17 août : rendez-vous au Gymnase des Droits de l'Homme à Guyancourt pour faire contrôler le vélo par les organisateurs. Ils sont intransigeants, au nom de la sécurité. Ils ont raison.

Lundi 18 août : grasse matinée. L'après midi, l'anxiété noue la gorge. Enfin, l'heure de vérité approche. 20 h 00 : Jean-Pierre Bonnet Murer s'élance en compagnie de 982 autres cyclotouristes. Enfin, ce moment tant attendu est arrivé. Surtout, ne pas se laisser gagner par l'euphorie, ne pas s'énerver inutilement, prendre rapidement son rythme de croisière. Difficile pour l'instant car le peloton est tellement important qu'il faut être très vigilant, sur le qui-vive. On est partagé entre la joie de partir et l'appréhension de l'épreuve.

Heureusement, après une cinquantaine de kilomètres, la situation s'éclaircit. Des groupes se sont formés, selon les niveaux. De son propre aveu, Jean-Pierre ne se rendra pas compte des 140 premiers kilomètres qui le mèneront au terme de la première étape à Mortagne au Perche vers 2 heures du matin.

Entre-temps, à 22 h 00, Bruno Richard et Bernard Rosset s'élancent à leur tour, accompagnés de 2 559 cyclos. Par sécurité, les organisateurs échelonnent les départs par pelotons de 600 coureurs. Même scénario, après quelques dizaines de kilomètres, chaque peloton se scinde en de nombreux petits groupes et des individualités. Bruno s'intègre dans un groupe. Bernard est plus indécis. Il est dans un groupe de cyclos, mais sa grande forme et son aisance dans les côtes le propulsent loin devant. Que faire, attendre ou rejoindre un autre groupe qui est en point de mire. Sans hésiter, Bernard force un peu l'allure et rattrape le groupe. Il est tellement en forme qu'il renouvellera plusieurs fois cette opération.

La nuit est douce. Tout au long de la route, les cyclos roulent formant un long serpent de lumière.

Loin devant, Jean-Pierre roule seul. Il n'a pas rencontré de cyclos de même niveau. Peu importe, il ne se désuni pas. Après 200 kilomètres parcourus de nuit, ce mardi matin est agréable, il réchauffe les membres. Néanmoins, il va falloir enchaîner les kilomètres tout au long de cette journée.

Bruno roule en compagnie d'américains. Ils sont costaux, Bruno l'est aussi. Euphoriques, ils avalent les kilomètres à une vitesse de 30/35 km à l'heure. Du suicide.

Bernard digère nettement moins bien la nuit blanche qu'il vient de passer sur le vélo.

La chaleur rend le trajet plus pénible... 300 km ... 400 km ... Epuisé, il s'arrête vers 20 heures pour dormir. Il dormira profondément jusqu'à minuit. A minuit, il repartira, lui qui n'aime pas rouler de nuit, pour atteindre le contrôle suivant vers 5 heures. Encore un acompte de sommeil, une douche, en attendant le jour pour repartir... vers Brest.

Minuit, Jean-Pierre se décide à s'arrêter pour dormir. Il est trop fatigué par tant d'heures d'effort. Il ne trouve pas le sommeil tout de suite. Finalement, épuisé, il s'endormira mais seulement pour 3 petites heures. Selon son souhait, un organisateur viendra le réveiller.

Bruno dormira sensiblement aux mêmes heures.

Mercredi, Jean-Pierre a repéré un groupe de cyclos roulant sensiblement à la même vitesse que lui. Après tout, s'il s'insérait parmi eux, la route paraîtrait moins longue, mais le risque est grand de perdre son propre rythme.
De son côté, Bruno se retrouve à présent au milieu d'un peloton de danois. La vitesse a nettement diminué.

Quant à Bernard, un ressort est cassé. Ce n'est plus du vélo, c'est la galère. Péniblement, il atteindra Brest à l h l5. Là, au contrôle ravitaillement, il boit en silence. Après un long moment de réflexion, l'appel de Morphée étant trop fort, il décide d'abandonner. Dans ces moments là, il n'existe pas de mots pour décrire la déception.

La troisième nuit, celle entre mercredi et jeudi, fut très fraîche. La température est descendue à 6 degrés. Ajouté à la fatigue , cette nuit fut très éprouvante. Alors, partagé entre la lassitude et le découragement, les marques de sympathie vont droit au cœur : des spectateurs au bord de la route en pleine nuit pour nous applaudir, une soupe à l'oignon offerte par une famille sur le pas de la porte, au contrôle un docteur qui vient s'enquérir de notre santé. Nous avons énormément apprécié.

Jeudi 21 août : Jean-Pierre est toujours en compagnie du même groupe de cyclos. Depuis longtemps, tous roulent mécaniquement, comme des zombies. Une seule idée les hantent, tenir bon, ne pas flancher, pédaler, pédaler, pédaler. Jean-Pierre passe à Mortagne à l h 30 et à Nogent-le-Roi, dernier contrôle avant l'arrivée, à 16 h l5. De l'avis de sa femme venue l'encourager en haut de la côte de Gambaiseuil, Jean-Pierre ne voyait plus rien, n'entendait plus rien. Il pédalait, le dos courbé, comme un automate. Mais quand, à 19 h 27, Jean-Pierre arrive à Guyancourt, un immense bonheur l'envahi.

Bruno est maintenant en compagnie d'australiens. Il a retrouvé du punch. Leur vitesse est tout à fait correcte. Bruno arrivera à Guyancourt le vendredi 22 août à 0 h 40.

L'un des organisateurs de cette extraordinaire épreuve habite également aux Essarts-le-Roi. Je tiens à saluer Madame Martin, vice-présidente de l'Audax Club Parisien.

Imaginez : accueillir des cyclotouristes du monde entier. Ils étaient 4 069 au départ. 2 005 français et 2 064 étrangers représentant 24 nationalités : 458 américains, 346 anglais, 214 italiens, 195 allemands, 188 Danois, 167 espagnols, 84 belges, 83 canadiens, 81 australiens,... j'arrêterai là cette liste si impressionnante.

Coordonner les points de contrôle, avec des centaines de bénévoles à chaque point. Les familles et les amis pouvaient suivre l'avancement de tous les participants, heure par heure, grâce à la mobilisation de nombreux internautes qui enregistraient les informations 24 h sur 24. Cette manifestation demande une énorme organisation. Elle a été exemplaire.

Je voudrais également associer à ces champions d'autres champions de notre club qui ont réalisé ce fabuleux exploit lors des éditions précédentes de P.B.P.

J'ai nommé :

  • Michel Renaut (2 périples complets et un partiel) - André Le Gat (2 périples complets)
  • Léo Saladini (2 périples complets) - Pierre Danel 1 périple complet) - Claude Beauplé (1 périple complet)

Quels exemples de courage, de volonté, de ténacité. Candidats au sublime, transcendante victoire sur soi.

Je laisse les mots de la fin à Jean-Pierre et à Bruno :

"Je reviens avec des souvenirs d'émerveillement, de convivialité, de gentillesse, de sympathie, et bien sûr heureux et content d'avoir réussi cette aventure"

"Vraiment une grande expérience humaine à vivre"

Dominique BLANCHE
Secrétaire de l'A.G.S.E. Les ESSARTS-le-ROI

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