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  • 24-28 septembre 2018

    Reconnaissance du parcours du PBP 2019
  • 13 janvier 2018

    Lancement de la plaquette de présentation du PBP 2019

"Paris-Brest-Paris" mis à neuf.



Ce PBP 2003, ils se "le" murmuraient déjà entre eux dans les chaumières, au cœur de l'hiver !
A ceux qui les interrogeaient :
- Tu "le" fais ?
- C'est vrai ?
- Quelle aventure !
- Auras-tu une voiture d'assistance ?
- Combien de kilomètres d'entraînement, espères-tu ?
ils répondaient évasivement et toujours à voix basse, comme pour conjurer le sort.
Eux, cela les mettait mal à l'aise. Ils croisaient les doigts. Ils auraient déjà voulu être ailleurs ! En Bretagne par exemple, sur ces petites routes qu'ils affectionnaient tant mais redoutaient tellement !


Côté ACP, régnait une certaine effervescence. En tant que rédacteur, j'avais expédié les tâches courantes : Lettre de l'ACP… bulletin… et j'entrais dans le vif du sujet avec Marie-Thé et les autres bénévoles. L'ouvrage était de taille et diversifié, entre autres :

  • Réunions avec le SAN de St Quentin,
  • Participation à l'élaboration de la plaquette de présentation de PBP,
  • Constitution des demandes d'autorisation d'organisation aux différentes préfectures,
  • Réception aux Essarts des dossiers d'inscription des participants français,
  • En corollaire, saisie sur ordinateur et renvoi des dossiers complétés aux concurrents…

C'est lors de l'élaboration des dossiers "préfectures", alors que je terminais sur le PC le tracé du parcours PBP, que Marie-Thé eut cette réflexion :
- Puisque maintenant tu connais les parcours… fais les brevets et PBP ensuite !
De stupeur, j'en oubliais le pointeur de la souris qui s'empressa de glisser sur l'image ! Le dessin de l'itinéraire s'en trouva notablement dévié du côté de Nogent le Roi !

Participer à PBP m'angoissait :

  • Mon dernier PBP datait de 1995. En 99, une double cruralgie m'avait cloué au lit,
  • Cette année, Marie-Thé était malade. Mais, courageuse ô combien ! elle n'en continuait pas moins, entre deux séances de chimio, d'assurer efficacement sa tâche d'organisatrice de PBP 2003 au sein de la commission PBP.
    J'aurais tant voulu qu'elle se repose mais, plus têtu qu'elle ?.. Un Breton… deux Bretons… ce n'est même pas certain, à Jean-Pierre de se prononcer !

Optimiste pour deux, Marie-Thé :

Elle m'a contraint à faire les brevets. Puis, entre les e-mails et les appels téléphoniques de concurrents s'inquiétant de leurs dossiers, c'est elle encore qui me prépara ma tenue cyclo ! Me poussa à la rue avec mon vélo !.. Me fit sillonner les routes de la vallée de Chevreuse, en boucle autour des Essarts, à défaut de pouvoir rouler en montagne ! Mais l'entraînement "qualitatif" auquel je me suis livré durant cette période d'après brevets, ne m'a certainement pas été inutile !

Croyez-vous qu'au retour de ces sorties intensives, je négligeais pour autant ma tâche concernant le traitement des dossiers "concurrents" ? Eh bien, non ! et d'ailleurs Marie-Thé me donnait un tel exemple de courage !..

PBP 2003, j'ai eu la chance de le faire avec Isabelle CAZEAUX, une jeune sociétaire du club. Avec elle, j'avais réalisé tous les brevets.

PBP, c'est long. PBP, c'est une succession ininterrompue de moments euphoriques et de périodes plus ou moins grises, à l'image du parcours qui comporte des hauts (poussés à l'infini) et des bas !
Avec Isabelle, adepte des sports de l'extrême, j'allais retrouver l'esprit d'équipe d'antan, celui que faisait régner Marie-Thé lors de nos randonnées en tandem, notamment dans les Flèches Vélocio !
Un esprit "Randonneur à l'état pur" ! Rouler ensemble dans ces conditions avec Isabelle, ne pouvait avoir que des effets bénéfiques.
Inoubliables, pour nous, les images des jeunes frappant dans nos mains à notre passage ou bien tendant un rafraîchissement. A ces moments-là, tout nous souriait ! Un groupe passait ? Nous nous intégrions aussitôt. La cadence était bonne.

Un fléchissement pour l'un ou pour l'autre ? L'équipier le percevait aussitôt. Je laissais "filer" lorsque Isabelle était parfois en délicatesse avec un genou et évitait à ce moment-là de se mettre en danseuse dans les côtes… Isabelle, de son côté, savait quand j'avais besoin de souffler !

J'espère avoir été suffisamment vigilant pour apporter à Isabelle l'aide qu'il fallait et au bon moment. Isabelle a su me soutenir efficacement – me "booster" – dans mes périodes grises !

Les temps forts ?

  • Séparés !

Je cherche désespérément une histoire à raconter pour distraire Isabelle Un groupe passe : sur leurs maillots, le nom de leur club : "Audax Randonneur Danemark" La juxtaposition des mots Audax et Randonneur, apparemment antinomiques, me fournit l'occasion d'aborder l'historique de l'ACP. Stupeur : Les Danois s'interposent ! Les Danois me font taire. Les Danois me séparent d'Isabelle !.. Les relais se poursuivent désormais dans un silence quasi-religieux… Nos hôtes de passage paraissent ravis !

Ravis de quoi ? de notre renfort ? Ou de m'avoir séparé d'Isabelle ??? Le fil de mon histoire…

  • Le toboggan !

Le contrôle de Loudéac pose un problème : Est-il évident pour des participants arrivant à la mi-nuit de ne pas profiter longuement de ce "cocon" ? Certains s'imaginent-ils qu'après Loudéac, les petites routes de la bretagne profonde les conduiront benoîtement, au pays de Corlay ? Grosse erreur de leur part ! Sur cette portion, un sommet est à peine atteint que déjà la descente est là, impatiente de vous conduire au pied d'une autre colline ! Colline après colline… un vrai toboggan ! mieux vaut, dans ce cas, ne pas trop s'attarder ici, au risque de "s'engourdir" et d'avoir à le regretter plus tard… colline après colline. Chut ! Ne dites rien à Isabelle de ces difficultés à venir… nous repartons !

  • Les Monts d'Arrée

L'escalade de cette montagne bretonne n'est pas aisée ! Mais du sommet, nous découvrons un superbe panorama. La vue, paraît-il, s'étend jusqu'à la rade de Brest mais Isabelle est impatiente de s'élancer dans la descente et se livre à un véritable exercice de style !

  • L'arrivée sur Brest

Interminable cette approche de la pointe Finistère. Mais une récompense lorsque , du pont Albert Louppe, vous admirez tout à loisir la magnifique rade de Brest. A Brest, officiaient notamment Yvette et Jean-Pierre PENDU. Merci à Yvette qui, en peu de mots, parvient à "remotiver" les cyclos !
Elle sait que le demi-tour – indispensable pour la poursuite de l'aventure – n'apparaît pas toujours aussi évident dans l'esprit de certains cyclos qui, arrivés fatigués à Brest, s'interrogent en ces termes :

Le retour

  • Les moments difficiles ?

becherel
Bécherel, son relais

La grimpée est facile… sauf de nuit ! Au retour, le relais apparut illuminé. ! Pour moi, cette lueur m'intrigua… surgissant tantôt à droite… tantôt en face… toujours lointaine ! Un objet irréel, dansant dans la nuit, tel un feu follet !.. Bécherel, où je devais dormir, fut enfin atteint et Isabelle, comme prévu, poursuivit jusqu'à Tinténiac, 10 km plus loin, pour un repos de 3 h bien mérité !
Une belle histoire qui se termine…

Peu avant Nogent le Roi, j'ai chuté. En voulant déjouer les pièges que constituent les quelques inventions diaboliques qui parsèment les ronds-points… j'ai atterri dans un fossé ! Signe du destin : Etait-ce à l'endroit même où mon tracé sur la carte Michelin avait été dévié ? Une chute bénigne. Une gène à la base du cou sur la gauche, une douleur au genou droit, alors que le gauche me handicapait. J'ai fait tourner mes roues et nous sommes repartis : Une erreur pour un "vieux" routier comme moi, qui aurait du s'apercevoir que le vélo avait souffert aussi !

velo

Nous avons continué jusqu'à Nogent. La nuit tomba. Aux alentours du Tartre Gaudran, j'ai stoppé, gêné par une mauvaise position empêchant toute vision correcte, à un moment de grande circulation ! Etait-ce dû à la chute, à ses conséquences ? à la fatigue ? Le tout à la fois sans doute et…

Le temps de 66/67 h… un instant espéré par Marie-Thé… la joie de finir avec Isabelle…
… tout cela ne fut plus, pour moi cette nuit-là, qu'un doux rêve au goût amer, à 50 km de l'arrivée !
Le lendemain, au jour, j'ai vu que ma poignée de frein droite était assez fortement déportée !

J'ai bouclé ce 15ème PBP à 76 ans… en 76 heures ! Isabelle arriva dans le temps de 67 heures ! Adieu à la coupe de champagne que nous devions boire ensemble à l'arrivée avec nos suiveurs.
Merci à ma belle-sœur et à mon beau-frère, Madeleine et Daniel Provot, pour leur aide efficace. Merci à Patrick Cazeaux et à Philippe, le frère d'Isabelle pour leurs précieux dévouements et encouragements. Leurs conseils furent toujours judicieux. Et…
cela va sans dire, je dédis toute mon admiration à mon équipière : Isabelle !

Je n'oublie pas nos partenaires du SAN, les membres de la Commission PBP, les bénévoles aux contrôles, sur la route ou à St Quentin et aussi les randonneurs et les supporters sur le parcours : ils ont tous œuvré pour que :
PBP 2003 soit une belle réalisation !

Roger MARTIN concurrent n° 5100 9ème PBP

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