NEWS

  • 13 janvier 2019

    Modification des articles 6 (Paiement) et 7 (Annulation) du règlement
  • 24-28 septembre 2018

    Reconnaissance du parcours du PBP 2019
  • 13 janvier 2018

    Lancement de la plaquette de présentation du PBP 2019

Qui l'eut cru ?

Eh oui, qui l'eut cru ? Cette fois, ça y est, ma deuxième tentative aura été la bonne, et je ne résiste pas au plaisir de vous faire partager mon bonheur.

En effet, je viens de réussir mon fameux "Paris-Brest-Paris". Il faut dire que les conditions météo particulièrement favorables m'ont globalement largement aidée dans mon entreprise : pas la moindre goutte de pluie pendant ces presque 4 jours à vélo ; beaucoup de soleil, mais avec une température tout à fait convenable ; peu de vent, ou quand il y en avait, il était latéral, ou mieux encore de ¾ arrière, le rêve quoi ! Par contre, les nuits et les petits matins ont été particulièrement froids (5 ou 6° en rase campagne), et parfois accompagnés de nappes de brouillard dont on se serait volontiers passés !

Mon vélo s'est montré à la hauteur de l'événement, répondant de manière docile à chacune de mes sollicitations. Il faut dire que quelques jours avant le départ, il me causait encore de gros soucis au niveau de l'éclairage, mais que grâce aux efforts conjugués de trois copains et d'un vulgaire morceau de manche à balai (!), la fixation de mes deux torches avant a finalement été parfaite. En outre, la mécanique ayant été soigneusement révisée par un copain expert en la matière, je n'ai eu aucun problème : pas le moindre bruit de ferraille bringuebalant par ci par là histoire de me faire stresser, pas la moindre crevaison, bref, un amour de vélo ! Merci Michel !

Il faut croire également que ma préparation physique avait été bien menée (8 500 km dans les jambes le jour du départ), car je n'ai absolument pas souffert, à part du manque de sommeil bien sûr !. En effet, si je fais le décompte, voilà ce que cela donne : première nuit = 0 h de sommeil ; deuxième nuit = 1 h ; troisième nuit = 2 h ; 4ème nuit = 0 h. Moi qui passe habituellement pour une grosse dormeuse ! Mais ce serait mentir que de ne pas évoquer les quelques "pauses sommeil" de 5 ou 10 minutes que je me suis octroyées par ci par là, allongée au bord de la route comme des dizaines d'autres cyclos lorsque, la fatigue devenant trop forte, je titubais sur mon vélo et ne pouvais raisonnablement plus continuer à rouler sans être dangereuse pour moi-même et pour les autres.

Fidèle à moi-même et à mon tempérament plutôt solitaire, j'ai roulé toute seule la plupart du temps, m'intégrant cependant par ci par là à des groupes ou à d'autres cyclos isolés comme moi, quand l'occasion se présentait. Il faut dire qu'après de multiples hésitations avant le départ, j'avais été confortée dans cette décision par d'autres cyclos, convaincus comme moi qu'il est préférable de rouler seul, à son rythme, que de vouloir s'accrocher à tout prix à un groupe déjà constitué. Cette "stratégie" s'est révélée la bonne, puisque j'ai progressé à mon rythme et que, ce faisant, j'ai également pu faire un brin de causette à un certain nombre de participants (beaucoup d'anglais ou américains notamment). C'est ça aussi le Paris-Brest-Paris : des rencontres que je ne suis pas prête d'oublier !

Quelques souvenirs qui resteront gravés dans ma mémoire :

  • La fabuleuse ambiance du départ, avec les centaines de spectateurs venus nous encourager pour cette longue route.
  • Le premier soir, en pleine nuit, dans une montée bien raide au cœur de la forêt de Rambouillet, une des voitures de l'organisation diffuse une musique de Simon & Garfunkel à fond la caisse. Cela m'a tellement touchée que je l'ai fredonnée pour moi toute seule pendant une bonne partie de mon parcours !
  • Les spectateurs qui, des heures durant, au cœur de la France dite "profonde" nous ont applaudis et encouragés quand nous passions devant leurs maisons et même souvent en pleine nuit.
    Les ravitaillements ou couchages "sauvages" organisés par les habitants des petits villages traversés en pleine nuit : quel accueil !
  • Merci en particulier à cette famille de La Tannière en Mayenne qui, à 6 heures du soir, m'a offert un bon matelas dans sa grange, et un bon café à mon réveil. Quand je leur ai demandé combien je leur devais, ils m'ont simplement demandé de leur envoyer une carte à postale à mon retour chez moi ! Que d'émotion !
  • Merci à mon médecin du sport et à mon kiné, sans lesquels mes jambes, un peu "cassées" par les centaines de kilomètres parcourus à l'entraînement, n'auraient même pas pu prendre le départ !
  • Merci à mon frère Jean-Pierre qui, dans un suprême effort, est venu me voir le mardi soir à Tinténiac pour me ravitailler et qui, y prenant peut-être goût (?) est revenu à ce même contrôle le jeudi matin. Mais pas de chance pour lui cette fois-ci ! Ses convictions ne lui permettant pas en effet d'avoir un portable (!), je n'avais pas pu lui communiquer l'heure de mon passage avec suffisamment de précision, et il m'aura attendu en vain pendant 2 heures, ne me "loupant" que de 20 minutes !
  • Merci à ma nièce Armelle qui m'a envoyé un formidable SMS d'encouragement au début de ma 4ème nuit !
  • Merci à Geneviève, Marielle et Patrick qui, alors que je les croyais "au bureau", sont venus me surprendre à l'arrivée en brandissant un panneau pour saluer ma réussite !
  • Merci à vous tous qui avez pensé à moi pendant ces presque 4 jours. Vraiment, cela m'a fait très chaud au cœur de vous savoir à mes côtés pendant cette randonnée au long cours !
  • Merci à l'Audax Club Parisien et à tous ses bénévoles pour cette gigantesque organisation. Quand j'y pense, cela me donne des frissons ! Alors, ça y est, c'est décidé, dans 4 ans, je serai bénévole !
  • Merci enfin et surtout à mon cher Jacques qui, pendant des semaines et des mois de préparatifs, aura supporté mes ordres, contrordres et changements d'humeur divers, et m'aura permis d'être prête pour le jour J.

Mais pourquoi, me direz-vous, ai-je échoué en 1999, et réussi cette année ? Tout simplement parce que "c'est la tête" qui a fait la différence, et que cette année, j'avais réellement décidé que rien ne devait m'empêcher de réussir ! Je savais que la route serait longue et difficile (1 230 km et 10 000 mètres de dénivelée au total !), que la fatigue serait parfois dure à supporter, et que j'aurais peut-être des moments de découragement. Certes, j'en ai eu quelques-uns, mais à chaque fois, j'ai réussi à me convaincre qu'ils ne pouvaient être que passagers, et qu'avec un peu de patience, la fatigue s'envolerait, la forme reviendrait, et le moral repartirait à la hausse. Croyez-moi si vous le voulez, c'est exactement comme ça que cela s'est passé ! Peut-être également n'avais-je pas assez confiance en moi en 1999, et que cette fois-ci, j'avais réussi à me convaincre avant le départ que ce Paris-Brest-Paris était à ma portée. C'est donc bien armée de toutes ces convictions que j'ai pu gravir toutes les côtes sans problème, et que je suis arrivée en pleine forme, radieuse et ravie de la merveilleuse aventure que je venais de vivre.

Nous étions 4 069 à prendre le départ vers Brest, et nous n'étions plus que 3 471 à l'arrivée, soit presque 15% d'abandons. L'histoire retiendra que j'ai parcouru ces 1 241 km en 89 heures. Pour ce qui me concerne, je vais m'empresser d'oublier ces chiffres, car ils sont bien peu de choses par rapport à tous les souvenirs que je viens de partager avec vous, et qui continuent encore à se bousculer à l'entrée de ma mémoire.

Agnès Méoulet-Morieux Concurrente N° 2773
Villiers Saint Frédéric - France

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